La micro-entreprise (ex auto-entreprise) séduit chaque année des centaines de milliers de Français grâce à sa simplicité administrative. Pourtant, simplicité ne signifie pas absence d'obligations. Même allégée, la comptabilité de l'auto-entrepreneur doit être rigoureusement tenue pour rester en conformité avec la loi et piloter son activité efficacement. Ce guide détaille tout ce que vous devez savoir pour gérer au mieux votre comptabilité en micro-entreprise en 2025.
Les obligations comptables simplifiées du micro-entrepreneur
Contrairement aux sociétés soumises au régime réel, la micro-entreprise bénéficie d'un régime comptable ultra-simplifié. Aucun bilan, aucun compte de résultat, aucune liasse fiscale à produire. Cependant, trois obligations fondamentales s'imposent à tous les micro-entrepreneurs sans exception.
Le livre des recettes : votre document principal
Le livre des recettes est le document comptable obligatoire numéro un. Il doit enregistrer chronologiquement l'ensemble des recettes encaissées au cours de l'année civile. Pour chaque opération, vous devez mentionner :
- La date d'encaissement (et non la date de facturation)
- La référence de la facture ou du justificatif
- L'identité du client (nom ou raison sociale)
- La nature de la prestation ou du produit vendu
- Le montant encaissé
- Le mode de règlement (espèces, chèque, virement, carte bancaire)
Ce livre peut être tenu sur un support papier (cahier relié et numéroté) ou sous forme numérique (tableur, logiciel de comptabilité). L'essentiel est qu'il soit chronologique, sans rature ni blanc, et qu'il reflète fidèlement la réalité de votre activité.
Le registre des achats : obligatoire pour certaines activités
Si votre activité relève de la vente de marchandises, de denrées alimentaires ou de la fourniture de logement (BIC achat-revente), vous devez également tenir un registre des achats. Ce document récapitule chronologiquement tous les achats effectués pour l'activité, en précisant :
- La date de l'achat
- La référence de la facture fournisseur
- Le nom du fournisseur
- La nature des biens achetés
- Le montant et le mode de règlement
Les prestataires de services (BNC ou BIC services) ne sont pas soumis à cette obligation, mais la tenue d'un registre des dépenses reste fortement recommandée pour suivre la rentabilité de l'activité.
La conservation des justificatifs
Toutes les factures émises et reçues, les relevés bancaires, les justificatifs de paiement et les documents administratifs doivent être conservés pendant 10 ans à compter de la clôture de l'exercice. En cas de contrôle fiscal, l'administration peut exiger la présentation de l'ensemble de ces pièces.
La déclaration du chiffre d'affaires
Au-delà de la tenue comptable, le micro-entrepreneur doit déclarer son chiffre d'affaires à l'URSSAF de manière régulière. Deux options sont possibles :
- Déclaration mensuelle : le CA est déclaré et les cotisations payées chaque mois, au plus tard le dernier jour du mois suivant la période concernée.
- Déclaration trimestrielle : le CA est déclaré tous les trois mois (avril, juillet, octobre, janvier). Cette option doit être choisie lors de la création de l'entreprise ou modifiée avant le 31 octobre pour l'année suivante.
La déclaration se fait exclusivement en ligne sur autoentrepreneur.urssaf.fr ou via l'application mobile. Même si votre chiffre d'affaires est nul, vous devez impérativement effectuer votre déclaration en indiquant 0 €. L'absence de déclaration entraîne des pénalités et peut conduire à une taxation d'office.
La TVA et la franchise en base
L'un des avantages majeurs du régime micro-entreprise est la franchise en base de TVA. Concrètement, tant que vous ne dépassez pas certains seuils de chiffre d'affaires, vous n'avez pas à collecter la TVA sur vos ventes ni à la déduire sur vos achats.
Les plafonds de TVA en 2025
| Type d'activité | Seuil de franchise | Seuil majoré |
| Vente de marchandises (BIC) | 85 000 € | 93 500 € |
| Prestations de services (BIC/BNC) | 37 500 € | 41 250 € |
| Activités libérales (BNC) | 37 500 € | 41 250 € |
Tant que votre CA reste sous le seuil de franchise, vous facturez hors taxe avec la mention obligatoire : « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Si vous dépassez le seuil majoré, vous devez facturer la TVA dès le premier jour du mois de dépassement.
Attention au piège : si deux années consécutives votre CA dépasse le seuil de franchise (sans dépasser le seuil majoré), vous perdez le bénéfice de la franchise au 1er janvier de l'année suivante.
Les plafonds de chiffre d'affaires 2025
Pour bénéficier du régime micro-entreprise, votre chiffre d'affaires annuel ne doit pas dépasser les plafonds suivants :
| Activité | Plafond CA annuel |
| Vente de marchandises, objets, denrées (BIC) | 188 700 € |
| Prestations de services commerciales (BIC) | 77 700 € |
| Prestations de services libérales (BNC) | 77 700 € |
En cas de dépassement pendant deux années consécutives, le micro-entrepreneur bascule automatiquement vers le régime réel d'imposition, avec des obligations comptables bien plus lourdes. D'où l'importance de suivre son CA de près tout au long de l'année.
Les cotisations sociales et l'imposition
Le calcul des cotisations sociales
Les cotisations sociales sont calculées en pourcentage du chiffre d'affaires déclaré :
- Vente de marchandises : 12,3 % du CA
- Prestations de services BIC : 21,2 % du CA
- Activités libérales BNC (CIPAV) : 21,2 % du CA
- Activités libérales BNC (SSI) : 21,1 % du CA
Si votre CA est nul, vous ne payez aucune cotisation. C'est l'un des grands atouts du régime : pas de charges fixes incompressibles.
L'imposition du revenu
Deux options s'offrent au micro-entrepreneur pour l'impôt sur le revenu :
- Le régime classique : un abattement forfaitaire est appliqué sur le CA (71 % pour la vente, 50 % pour les services BIC, 34 % pour les BNC). Le revenu net ainsi calculé s'ajoute aux autres revenus du foyer fiscal.
- Le versement libératoire : un pourcentage fixe est prélevé en même temps que les cotisations (1 % pour la vente, 1,7 % pour les services BIC, 2,2 % pour les BNC). Cette option est réservée aux foyers dont le revenu fiscal de référence N-2 ne dépasse pas un certain seuil.
Les outils gratuits pour gérer sa comptabilité
L'un des avantages de la micro-entreprise est qu'il n'est pas nécessaire d'investir dans un logiciel comptable coûteux. Plusieurs solutions gratuites ou très abordables permettent de respecter toutes les obligations :
- Un tableur (Excel, Google Sheets, LibreOffice Calc) : solution la plus simple et la plus flexible. De nombreux modèles gratuits de livre des recettes sont disponibles en ligne. Il suffit de créer un tableau avec les colonnes obligatoires et de le remplir au fil de l'eau.
- Henrri : logiciel de facturation 100 % gratuit développé par Rivalis. Il permet de créer des devis, factures, et de suivre ses encaissements. Idéal pour les prestataires de services.
- myAE : application dédiée aux auto-entrepreneurs pour gérer factures, livre des recettes et déclarations depuis un smartphone.
- Freebe : tableau de bord complet avec suivi du CA, alertes plafonds, et génération automatique des déclarations URSSAF.
- Le portail autoentrepreneur.urssaf.fr : pour les déclarations de CA et le paiement des cotisations en ligne. Simple, officiel et gratuit.
Si votre activité se développe et se complexifie, la question de faire appel à un comptable peut se poser, même si ce n'est pas obligatoire en micro-entreprise.
Les erreurs courantes à éviter
Malgré la simplicité du régime, de nombreux micro-entrepreneurs commettent des erreurs qui peuvent coûter cher lors d'un contrôle fiscal ou simplement nuire à la bonne gestion de l'activité :
- Ne pas déclarer un CA nul : même sans recette, la déclaration est obligatoire. L'absence de déclaration entraîne une majoration automatique.
- Confondre CA encaissé et CA facturé : en micro-entreprise, c'est le CA effectivement encaissé qui compte, pas le montant facturé.
- Mélanger comptes personnel et professionnel : au-delà de 10 000 € de CA pendant deux années consécutives, un compte bancaire dédié est obligatoire. Dans tous les cas, c'est une bonne pratique.
- Oublier la CFE : la Cotisation Foncière des Entreprises est due par tous les micro-entrepreneurs (sauf exonération la première année et certaines activités). Son montant varie selon la commune.
- Ne pas anticiper le dépassement des seuils : un suivi mensuel du CA cumulé est indispensable pour éviter la sortie involontaire du régime.
- Négliger la facturation : les factures doivent comporter des mentions obligatoires précises (numéro SIRET, mention de franchise de TVA, délais de paiement, etc.). Une facture non conforme peut être rejetée par l'administration.
- Ignorer les évolutions réglementaires : les seuils, taux et obligations évoluent régulièrement. Se tenir informé est essentiel pour rester en conformité.
Conseils pratiques pour une gestion optimale
Au-delà des obligations légales, quelques bonnes pratiques permettent de gérer sa micro-entreprise de manière sereine et efficace :
- Enregistrez vos recettes au fil de l'eau : ne laissez pas s'accumuler les saisies. Quinze minutes par semaine suffisent pour rester à jour.
- Provisionnez vos charges : mettez systématiquement de côté 25 à 30 % de chaque encaissement pour couvrir les cotisations sociales et l'impôt.
- Suivez votre CA cumulé : créez un tableau de suivi mensuel pour anticiper les dépassements de seuils.
- Numérisez vos justificatifs : prenez en photo ou scannez chaque facture et rangez-la dans un dossier numérique organisé par mois.
- Formez-vous : une formation en comptabilité pour auto-entrepreneur vous fera gagner un temps considérable et évitera de nombreuses erreurs.
Questions fréquentes sur la comptabilité en micro-entreprise
Quelles sont les obligations comptables d'une micro-entreprise ? +
La micro-entreprise bénéficie d'obligations comptables simplifiées : tenue d'un livre des recettes chronologique, d'un registre des achats (pour les activités de vente), conservation des factures et pièces justificatives pendant 10 ans, et déclaration du chiffre d'affaires mensuelle ou trimestrielle auprès de l'URSSAF. Aucun bilan ni compte de résultat n'est exigé.
Un micro-entrepreneur doit-il facturer la TVA ? +
Non, tant qu'il bénéficie de la franchise en base de TVA. En 2025, les seuils sont de 85 000 € pour les activités de vente et 37 500 € pour les prestations de services. Sous ces seuils, le micro-entrepreneur facture sans TVA et mentionne « TVA non applicable, article 293 B du CGI » sur ses factures.
Quels outils gratuits pour gérer la comptabilité d'une micro-entreprise ? +
Plusieurs outils gratuits existent : un simple tableur Excel ou Google Sheets avec un modèle de livre des recettes, l'application mobile myAE, Henrri (facturation gratuite), ou encore le portail autoentrepreneur.urssaf.fr pour les déclarations. Ces outils suffisent largement pour respecter les obligations comptables du régime micro-entreprise.
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